Fiche Détaillée
pour l’ AVE VERUM d’Edward ELGAR
AVE VERUM
d’Edward ELGAR
Commençons comme il se doit :
par le titre !
Le titre est le plus souvent réduit à Ave verum, mais il est plus juste de l’étendre à Ave Verum Corpus, ces trois premiers mots du texte des paroles formant un intitulé plus compréhensible. On en donne parfois des traductions littérales trop hâtives, comme Salut, corps véritable. Mieux vaudrait, pour exprimer le surnaturel et la solennité de la transsubtantiation dans les éléments du rituel eucharistique de l’élévation, quelque chose comme Ô Toi, Réelle Incarnation…
Autres questions prioritaires :
QUI ? OU ? QUAND ?
POURQUOI ? COMMENT ? Etc.
Edward Elgar (1857–1934) est originaire de Worcester, organiste, compositeur et chef d’orchestre britannique assez atypique en son temps (issu d’un milieu modeste, autodidacte, et… catholique), demeure avant tout pour le grand public l’auteur du célèbre Pomp and Circumstance. Son Ave Verum est, en 1888, une de ses premières œuvres, inspirée par la perte d’un ami cher, mais qu’il ne publia sous sa forme définitive, à quatre voix, que quinze ans plus tard, en 1902.
Le poème / hymne d’origine est contemporain de la mise en place du dogme de la transsubstantiation au 13e siècle. Il a fait l’objet de nombreuses adaptations musicales à partir de la Renaissance. Elgar, significativement, choisit par des effets de répétition et la reformulation « vero sanguine », de mettre l’accent sur l’interprétation stricte et complète des « espèces » consacrées du rituel catholique.
Pour plus de précisions, voir les « questions diverses » dans la colonne ci-contre.
PAS DE BONS CHANTS SANS BONS OUTILS !
Découvrez nos Documents de travail :
Partitions – Fichiers multimédia
Paroles – Traduction – Prononciation
NB : Les documents décrits ici sont exclusivement les fichiers numériques libres de droits diffusés ou élaborés au sein de la chorale La Govelène. Pour plusieurs raisons d’ordre pratique, ils ne sont ni consultables (à l’exception de quelques extraits graphiques ou multimédia), ni téléchargeables sur le présent site, mais sont disponibles sur simple demande par la messagerie du menu « Nous contacter ».
Partitions : une partition numérique de travail au format .myr (Harmony Assistant de Myriad) permet l’affichage et l’écoute du chant par voix de synthèse sur ordinateur avec le logiciel Harmony Assistant (disponible gratuitement dans une version à fonctionnalités limitées) pour PC sous MS Windows, ou Mac sous Apple IOS.
Fichiers dérivés de la partition .myr :
1. Fichiers imprimables codage en .doc (MS Word) ou .PDF, d’une partition de travail au format papier A4 vertical margé à 5 mm ; lisibilité et maniabilité optimisées sur deux pages, permettant la lecture sans tourne en imprimant deux rectos (voir image ci-dessus).
2. Fichiers audio : fichiers disponibles au format .MP3.
– générés à l’aide du logiciel Harmony Assistant de la société Myriad, et du module de voix de synthèse Virtual Singer. Fichiers disponibles pour les voix des quatre pupitres, isolées ou dominantes.
Fichier tutti consultable < ici > à titre d’exemple.
– cas particulier : pour le présent morceau, un enregistrement audio est consacré à la prononciation parlée, au ralenti, des paroles. Il est écoutable directement < ici > (voir également ci-dessous la transcription phonétisée des paroles).
3. Fichiers vidéo/audio : fichiers au format MP4 générés comme les précédents à l’aide du logiciel Harmony Assistant, et de son module de voix de synthèse Virtual Singer. Vidéos disponibles pour les voix des quatre pupitres, isolées ou dominantes. La vidéo fait défiler la partition en mode ruban et peut être visionnée et écoutée sur tout écran numérique. Cliquez < ici > pour un extrait du début de la version pour voix d’alto solo et surlignée. Le fichier intégral est d’un poids inférieur à 10 méga-octets et pourrait être joint à un courriel, mais le biais d’un lien de téléchargement serait préférable en cas de demandes multiples.
Paroles
Texte latin :
Ave Verum Corpus natum de Maria Virgine,
Vere passum, immolatum in cruce pro homine,
Cuius latus perforatum vero fluxit sanguine,
Esto nobis praegustatum in mortis examine.
O clemens, o pie, o dulcis Iesu, fili Mariae, Mariae
Traduction :
Ô Corps Véritable, né de la Vierge Marie,
Ce corps même qui fut torturé, sacrifié sur la croix pour l’humanité,
Dont le flanc percé a fait couler ce sang ici présent
Sois pour nous l’avant-goût de l’épreuve de la mort
Ô clément, ô juste, ô doux Jésus, Fils de Marie, de Marie
Prononciation du latin dit d’église, phonétisée pour locuteurs / lecteurs francophones :
(rappels habituels : tous les « e » sont à prononcer sur un mode intermédiaire entre le « é » et le « è », donc ni trop fermés, ni trop ouverts (toutefois, le « ae » de Mariae, est à ouvrir franchement). Les « s » ne se prononcent jamais [z], toujours [ç], sauf entre deux voyelles de syllabes successives : Jesu=[yé-zou]. Pas de liaisons entre les mots, ni entre les voyelles – syllabes (pi-é, et non pillé).
Vous pouvez aussi consulter < ici > un compendium pour la prononciation du latin en chant sacré, parfois délicate pour les digrammes et les diphtongues.
a-vé vé-roum cor-pou’s na-toum dé ma-ri-a vir-dji-né
vé-ré pa’s-soum i’m-mo-la-toum i’n crou-tché pro o-mi-né
cou-you’s la-tou’s pér-fo-ra-toum vé-ro flou-kçi’t sa’n-goui-né
és-to no-bi’s pré-gou’s-ta-toum i’n mor-ti’s é-kça-mi-né
o clé-mé’ns, o pi-é, o doul-tchi’s yé-zou, fi-li ma-ri-è, ma-ri-è
Version audio consultable < ici >
Lien YouTube vers un exemple d’interprétation (Edward Higginbottom – The Choir of New College, Oxford) :
https://www.youtube.com/watch?v=-cbVL-1f-HQ&list=RD-cbVL-1f-HQ&start_radio=1
Évitons le trop convenu ou familier « FAQ »
(« frequently asked questions » ou « foire aux questions » !
Tout chant est matière à réflexions et découvertes :
Que l’on chante ou que l’on écoute,
Plus on apprend, et mieux l’on goûte.
(Mélomane Anonyme)
Pour les visiteurs curieux,
quelques questions diverses.
Comme dans tout bon ordre du jour, ces « questions », sont des invitations à explorer, à propos de ce chant, des pistes de réflexion complémentaires, annexes, omises, imprévues, problématiques, intrigantes ou surprenantes.
Le destin d’une œuvre de jeunesse.
Comme indiqué précédemment, Elgar a composé cet Ave Verum en 1988. Il n’est qu’au début de sa carrière, et se consacre surtout à ses activités d’instrumentiste et d’organiste, tout en menant sans relâche son auto-formation musicale entreprise dès l’abandon de ses études générales à quinze ans. La première version de l’Ave Verum est donc conçue et interprétée pour les obsèques de William Allen, un avocat ami de la famille qui avait aidé et soutenu le jeune homme, notamment en l’employant dans ses premières années d’indépendance. Ce n’est que peu avant 1900, à quarante ans passés, qu’Elgard obtiendra enfin l’intérêt du monde musical britannique, et ce n’est qu’en 1902 qu’il publiera la version définitive de son Ave Verum (le titre initial Pie Jesu devient Ave Verum Corpus), en lui donnant la référence officielle opus 2, n° 1.
1902 : une grande année pour Elgar
Elgar et la modernité technique au service de la musique
Avant d’explorer ce chant plus en détail, signalons qu’Elgar occupe un place remarquable dans l’histoire technique de la musique. Coïncidence symbolique, il était né en 1857, l’année où le Français Édouard-Léon Scott de Martinville déposa le brevet du phonautographe, premier appareil capable d’enregistrer le son… sur papier. Puis vinrent les enregistrements audio : phonographes de Cros et d’Edison, puis gramophone de Berliner ; aux cylindres succèdent les disques dès la fin du XIXe. Elgar fut le premier compositeur et chef d’orchestre à promouvoir, au profit de son propre répertoire, les enregistrements phonographiques acoustiques de formations complexes, y compris symphoniques, dès 1914, puis dix ans plus tard, avec microphones électriques. Il supervisa son dernier enregistrement sur son lit de mort en 1934.
Trois ans auparavant, auréolé de tout son prestige, il avait dirigé Land of hope and glory, filmé par les actualités Pathé, pour l’inauguration de ce qui deviendra le temple mondial de la musique enregistrée : les studios d’Abbey Road !
La renommée d’Elgar subira pourtant une relative éclipse après sa disparition, puis sera réévaluée à partir des années 1960. On redécouvrira la variété et l’abondance de son œuvre : plus de 600 compositions !
Mais recentrons notre propos sur l’Ave Verum.
Comment le compositeur a-t-il utilisé les paroles ?
Pourquoi cette version amène-t-elle à reposer le problème de formulation rencontré dans – entre autres – celle de Mozart à propos de l’eau et du sang ?
Si nous pouvons répondre davantage à d’autres questions ou demandes…